PRESSE

« RÉVÉLATION ! Les duos guitare-piano ne sont pas légion, malgré les témoignages du potentiel de cette formation laissés par Jim Hall et Bill Evans ou plus récemment Bill Frisell et Fred Hersch. Plutôt que de passer tour à tour du rôle d’accompagnateur à celui de soliste, Sylvain Rey et Leandro Lopez-Nussa ont choisi d’explorer en toute liberté les possibilités contrapuntiques et formelles de leur duo, formé en 2017.

 

Si ce premier album séduit d’emblée, il faudra plusieurs écoutes pour en saisir la richesse, comme dans une immense planche de bande-dessinée truffée de petits détails à découvrir, au sein d’un répertoire qui alterne entre morceaux signés Bill Evans, Miles Davis (Time Remembered, Nardis) ou Duke Ellington (Do Nothing Till You Hear From Me) et compositions maison aux références plus ou moins explicites aux standards. Une formule qui autorise toutes les bifurcations stylistiques, tel ce Sophisitcated Lady d’un mordant monkien retravaillé en ballade à la Brad Mehldau esquissé dans P.T.A.K.F.A.S.L. Un dialogue dense et varié ponctué de passages contemplatifs, à l’image de l’introduction en piano solo de Pratzero où s’exprime le toucher et la sensibilité harmonique de Sylvain Rey. Une très belle réussite, dont la contribution de la saxophoniste Carla Gaudré (Saturne) laisse entrevoir bien d’autres possibilités.  » Yazid Kouloughli

 

 

Nouveautés, Jazz Magazine n°730, Septembre 2020, p.58

 

 

 

« Nardis – Version onirique et savamment étirée du standard de Miles Davis et Bill Evans par un duo guitare/piano (Leandro Lopez-Nussa et Sylvain Rey) qui signe un album supervisé par Denis Badault »

 

 

Playlist,  Jazz Magazine n° 729 Juillet-Août 2020, p. 17

 

 

 

« Ils sont deux et proposent un premier album où instruments – piano et guitare – et musiciens se réfléchissent mutuellement. Ce n’est évidemment pas la première fois qu’un album est organisé ainsi et ni Sylvain Rey, ni Leandro Lopez-Nussa ne prétendent à l’exclusivité. Reste que l’un et l’autre se connaissent et se pratiquent depuis longtemps. Non pas qu’ils aient derrière eux une carrière phénoménale – ils ont à peine passé la cinquantaine à eux deux – mais ils ont noué depuis l’école – en l’occurrence la fac de musicologie de Toulouse Mirail – une complicité musicale qui restait à publier. C’est chose faite avec ce premier album.

 

La forme est certes répandue mais l’orchestration est originale. En effet, les duos piano – guitare ne sont pas nombreux. On a certes en tête celui qu’ont composé Pat Metheny et Brad Mehldau mais ce serait plutôt du côté de Bill Evans que le duo toulousain va puiser nombre de ses ressources. D’ailleurs deux des reprises qui figurent sur ce disque sont signées ou co-signées par le pianiste américain. En outre, le répertoire hors album contient « Blue in Green », morceau qui, s’il est crédité Miles Davis, pourrait avoir été écrit par Bill Evans. La référence est bien entendu prestigieuse et on s’arrêtera là. Ce serait risquer de décrire ce disque comme une pâle imitation, ce qu’il n’est pas, loin de là. Car les deux musiciens développent une patte qui est avant tout la leur et, hormis « Oui Si », une revisite de « We See » de Monk, qui ouvre le disque de manière plutôt tonitruante, l’album est avant tout feutré, délicat, retenu. Une évanescence qui lui donne un cachet presque onirique. « P.T.A.K.F.A.S.L. », morceau à partir de deux ballades de Duke Ellington écrit par le duo ainsi que par Denis Badault qui a en outre assuré la direction artistique de l’album, est ainsi fait. Tout comme « Saturne », superbe composition de Leandro Lopez-Nussa sur laquelle vogue le saxophone soprano de Carla Gaudré. Voguer… d’ailleurs, s’il ne fallait retenir qu’un terme, ce serait bien celui-ci. » – Gilles Gaujarengues

 

 

Citizen Jazz, octobre 2020

 

 

 

À l’image de l’infatigable scène toulousaine qui ne cesse de s’enrichir de mille et un projets, deux jeunes musiciens, Sylvain Rey et Leandro Lopez-Nussa, respectivement pianiste et guitariste, publient leur premier album. D’un mot, on dira que c’est très beau, très fin. Un travail d’orfèvre ou dentelier, au choix. En tout cas une bien belle minutie. D’ailleurs, on serait peut-être même en-dessous en écrivant que c’est une franche réussite. Car les deux nouveaux venus nous proposent neuf pistes qui allient avec un bel équilibre discrétion et classe. Ils ont intitulé leur duo « réflections » pour signifier que tout est en miroir : musiciens, instruments, phrases. Et c’est vrai qu’il y a là un travail à quatre mains. Mais attention, rien de frontal. Leurs jeux respectifs se lovent, s’imbriquent et on est à mille lieux de coqs en pâte qui s’affronteraient. Ces deux-là nous gratifient d’un bien bel album de jazz instrumental qu’on savoure et qu’on déguste. – Gilles Gaujarengues

 

 

 

Intramuros n°454 Novembre-Décembre 2020, p.20